Geochelone elegans (Shoeppf, 1794)

                                                                    Geochelone elegans - Indian star tortoise

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Systématique 


Elle appartient à l'ordre des 
Testudinesau sous ordre des Cryptodiraà la famille des Testudinidaeau genre Geochelone et enfin à l'espèce Elegans.

Taxinomie et Sous-espèces


Gechelone elegans, plus communément connue sous le nom commun de tortue étoilée d'Inde (Indian star tortoise) a été découverte en 1795 par Johann David Schoepff, Schoepf ou Schöpf, un zoologiste, botaniste et médecin allemand, célèbre entre autre pour son exploration naturaliste de l'Amérique du Nord.
Aucune sous-espèce de G. elegans n'a été décrite, cependant certains auteurs se réfèrent à 3 formes : une forme du Nord (nord de l'Inde et Pakistan), une forme du Sud de l'Inde et une forme Sri Lankaise.

Elle semble étroitement liée à Geochelone platynota dont elle diffère uniquement de par les motifs sous le plastron et par une forme plus conique des vertébrales et des costales mais ceci n'est pas visible sur les juvéniles, de plus il existe également une grande variété polymorphique au sein même de l'espèce platynota, ce qui peut, selon les cas, rendre la démarche très compliquée. 

Description


Ceci est la plus petite de toutes les tortues du genre Geochelone.

De par sa grande beauté, elle est une des espèces les plus prisées en captivité. Les écailles radiées de sa dossière présentent une forme conique; les marginales postérieures sont légèrement dentelées, surtout chez les jeunes sujets; le milieu de la carapace est légèrement resserré, elle ne possède pas d'écaille nuchale. la carapace est très bombée et bosselée. On pense que c'est pour lui éviter les retournements.

Il s'agit d'une espèce de taille moyenne, les femelles atteignent généralement la taille de 20/25 cm (38 cm au maximum) pour un peu plus de 2 kg (maximum 7kg), les mâles sont plus petits et moins larges avec généralement, une taille moyenne de 18/20 cm pour environ 1,5kg.

La forme Sri Lankaise est plus grande (jusqu'à 38 cm). Les formes du nord, et du sud de l'Inde sont quant à elles de taille plus modeste (20/25 cm).

Son homochromie est parfaite. les motifs en étoile qui ornent sa carapace ne sont autre qu'un ingénieux "camouflage" naturel la rendant quasiment invisible dans les herbes sèches qui composent les savanes dans les divers biotopes occupés.

Les rayons noirs et jaunes dont est ornée la dossière présentent beaucoup de parties noires et sont inscrits tout autour de l'aréole; alors que chez Astrochelys radiata ils sont souvent en éventail serré sur environ 1/4 de l'écaille.

Cette dernière ressemble fortement à notre tortue étoilée, pour certains, ce serait du au fait qu'avant la division, leurs terres étaient liées. En effet, Madagascar et l'Inde se sont séparés 100-90 Ma dans le Crétacé supérieur. Mais il ne s'agirait vraisemblablement pas de parenté mais uniquement de convergence liée à des climats et biotopes proches (Bonin, Devaux, Dupré, 2006).

Les aréoles sont souvent brunes à orangées, formant comme un plateau surélevé. Les pattes sont assez courtes, portant de larges écailles plates et rondes, cerclées de noir. La tête est également assez petite , ses écailles sont jaunes, de petites tailles, sur un fond noir.

Le plastron est jaune avec des rayons noirs. Les jeunes sont presque totalement jaunes ou jaunes orangés, portant des marques noires sur les sutures. 

              Carapace Geochelone elegans - Shell indian star tortoise   Carapace Geochelone elegans - Shell indian star tortoise   Carapace Geochelone elegans - Shell indian star tortoise   Plastron Geochelone elegans

Différence entre les 3 localités:

Inde du Sud - la plus petite , couleur de fond crème avec beaucoup de noir, les couleurs sont les plus vives et contrastées

Sri Lanka (anciennement Ceylan) - coloration semblable à la localité du sud de l'Inde bien que souvent plus grande

Nord de l'Inde et le Pakistan - La plus grande et la plus sombre, les motifs habituellement noirs peuvent être brun foncé

En règle générale, sauf si l'origine est parfaitement connue, la forme Sri Lankaise ne peut être distinguée de celle du Sud de l'Inde , surtout lorsque le sujet est jeune bien que la croissance est plus importante chez la forme du Sri Lanka.  

Contrairement à l'idée traditionnellement véhiculée, la largeur ou forme des bandes composant les motifs typiques, n'est en rien un indicateur fiable, car même au sein d'une même ponte, les juvéniles peuvent présenter des caractéristiques de localités différentes. La forme Sri Lankaise peuvent présenter un pyramiding naturel et des motifs de couleurs plus jaunes.


Son espérance de vie est d'environ 25/30 ans en captivité contre 15 ans dans son biotope.

Répartition géographique et biotopes


Gechelone elegans
occupe une large aire de répartition mais en même temps très morcelée pouvant être divisée en deux aires distinctes. 

En Inde, au sud-ouest dans le Gujerat jusqu'à la frontière pakistanaise et à l'est depuis le sud du delta du Gange, jusqu'à l'extrémité de la péninsule ainsi qu'au Sri Lanka, y compris les îles de Rameswaran et Karaitivu. Quelques observations ont également été faites au Pakistan et Bangladesh, bien que, contrairement à sa "cousine" Geochelone Platynota, notre tortue étoilée occupe normalement les zones les plus sèches et non les zones humides.

La forme Sri Lankaise vit dans les plaines verdoyantes humides au Sud mais elle se limite le plus souvent aux forêts de transition plus sèches.

Dans la partie nord de son aire de répartition, G.elegans fréquente les plaines semi-arides de l'inde et du Pakistan où les températures peuvent dépasser les 40°C pendant la saisons sèche s'étendant de mars à juin. De fin juin à mi-septembre, avec un maximum en juillet et août, les températures et taux d'hygrométrie varient sous l'effet des pluies diluviennes qui s'abattent sur ces régions.

Dans l'ouest de sa répartition, les températures peuvent descendre jusqu'à 10°C pendant les mois les plus froids, pendant cette période elle hiverne la journée.
En période sèche (Mars à Juin), elle s'active le matin et se dissimule dans la journée ou estive.
En période humide (Mai à Octobre), elle est très active, s'accouple et se nourrit largement. 

                Biotope Geochelone elegans  Biotope Geochelone elgans  Biotope Geochelone elegans

Maintenance en captivité


Taille du vivarium 

La taille du terrarium qui les accueille, varie selon la taille et le nombre de spécimens, pour la longueur des côtés, il faut compter, au minimum, 5 fois la longueur de la carapace. 
Exemple:  pour une tortue de 20 cm, une surface de 1 M carré est donc en principe suffisante. En France, nos G.elegans vivent en enclos extérieur lorsque les températures sont égales ou supérieures à 25°C. Le reste du temps, elles vivent en vivarium.

Substrat

Par expérience, le substrat idéal et le plus proche du sol naturel est un mélange de 70% de terre de jardin mélangée à 30% de sable de rivière de la plus fine granulométrie ou de la véritable terre de bruyère, une partie peut être couverte d'écorces de pin (obs.pers).

Abreuvement

Elle boit rarement et son tégument très épais lui évite toute perte hydrique, mais après une période de sécheresse, elle est occasionnellement capable d'engloutir jusque 15% de son poids en eau comme la plupart des espèces de chéloniens terrestres.

Température

La position de son biotope, notamment au Sri Lanka dote le pays d'un climat équatorial donc très chaud, tempéré par les vents océaniques et considérablement humide. La température moyenne varie entre un minimum de 16°C dans les hauts plateaux du centre (où le gel peut survenir pendant plusieurs jours en hiver) à un maximum de 29°C sur la côte nord (où la température peut atteindre 37°C). La moyenne annuelle des températures pour l'ensemble du pays varie entre 26°C et 28°C. Ces éléments sont donc à prendre en considération lors de sa maintenance en captivité.

Les tortues étoilées sont des animaux ectothermes (qui ont la même température corporelle que celle du milieu extérieur, elle n'est donc pas produite par l'organisme), diurnes (qui vivent le jour) et par conséquent, héliophiles (du grec helios, le soleil, et philos, ami)qui qualifie une espèce ayant d'importants besoins en lumière pour se développer.

Chaque espèce ectotherme supporte une plage de températures correspondant à celles de son biotope. Cette plage ou fourchette de températures peut être divisée en 3 stades, la température minimale létale (T.M.L), la température moyenne préférentielle (T.M.P) et la température maximale critique (T.M.C). 
La T.M.P de la tortue étoilée est d'environ 28°C. On lui fournira donc un point chaud (juste sous la lampe) à 28°C/30°C.
La nuit, la température peut descendre à 25°C, il suffit de couper tout système de chauffe. Cette différence entre les températures du jour et celles de la nuit, est indispensable afin d'éviter tout dysfonctionnement de la glande thyroïde.

Attention! En Europe cette tortue n’hiverne pas! Les températures en dessous de 10° lui sont fatales!

Durée d'éclairage

La photopériode (durée d'ensoleillement quotidienne) en milieu naturel ne descend jamais en dessous de 12 h 00. On veillera donc à ne jamais descendre en dessous de cette valeur. La durée idéale étant d'environ 13h par jour, toute l'année pour les juvéniles. Pour les adultes reproducteurs, il est toutefois recommandé (obs. pers.) de baisser la photopériode à 12 h par jour en hiver avant d'augmenter à 13 h au printemps. Ceci, afin de stimuler la reproduction mais surtout synchroniser les cycles sexuels des sujets sélectionnés. 

On utilisera de préférence une lampe uva/uvb autoballastée ou HID de type Solar Raptor et Dragon, indispensable pour la calcification des tortues, en effet elles ne synthétisent la Vitamine D3, en calcium, que sous l'action des UVB. Cette lampe fournira UV et chaleur à votre tortue en un seul équipement.

Hygrométrie

En milieu naturel elle est soumise à 2 saisons des pluies; la grande sur une durée de mai à fin août avec des trombes d'eau fréquentes et la petite d'octobre à fin janvier. Le taux d'hygrométrie oscille entre 70 et 75% avec des pics pouvant aller jusque 90%. En captivité il est recommandé de maintenir les juvéniles jusque 2 ans à une hygrométrie de 60% avec des pics d'humidité à 80% le matin à l'allumage des lampes et le soir 30 minutes avant l'extinction des feux. 

Alimentation


Elle est surtout herbivore, son menu se composant de végétaux et fruits ainsi que de succulentes. Mais en période sèche elle peut se nourrir de feuilles mortes et de feuilles d'épineux. Il lui arrive de consommer occasionnellement des charognes.

Dans ses biotopes, G.elegans se nourrit de diverses herbacées, d'acacias, d'euphorbes qu'elle collecte dans les savanes et prairies verdoyantes, surtout le matin lorsque la température est plus supportable. 

Alimentation en captivité

L'alimentation des tortues terrestres détenues en captivité est un domaine plein d’incertitudes et d’approximations. Les tortues sauvages utilisent souvent des fourrages de relativement faible valeur nutritionnelle et à l’inverse, en captivité, celles-ci sont plutôt nourries avec des rations de forte valeur nutritionnelle ce qui, à long terme, peut s’avérer néfaste pour l’animal (Boyer, Boyer 2006)

On recommande aujourd'hui de nourrir les tortues herbivores de façon modérée avec une ration riche en fibres, afin de se rapprocher du comportement alimentaire des individus sauvages. Historiquement et jusque récemment, des rations avec des protéines animales étaient couramment utilisées et parfois même recommandées, même chez les tortues herbivores. 

A ce jour, on considère que des changements de ration alimentaire, un confinement ou une croissance trop rapide sont, en effet, les trois causes responsables des troubles de la croissance chez les chéloniens, à savoir : une carapace molle (symptôme d’une ostéomalacie due à un déficit en calcium), des déformations de la carapace (tortue tobleron = pyramiding) et de la goutte viscérale due à un apport trop important en protéines (Lapid et al., 2005).

En règle générale, le rapport phospho/calcique de la ration alimentaire des tortues doit être compris entre 1 et 2 mais pour les espèces terrestres phytophages on privilégiera les aliments dont le Ca/P est compris entre 2 et 5. 

En captivité, les jeunes spécimens sont idéalement nourris d'herbacées (pissenlit, luzerne, laiteron, plantain, trèfle, lamier pourpre, etc) lorsque la saison permet leur pousse. Mais également toutes formes de chicorées sauvages, par ex: Cichorium endivia qui pousse au sud de l'Europe comme dans le nord de l'Afrique, mais elle peut aussi pousser de façon spontanée en Orient et aux Indes, mais également des chicorées cultivées (frisée, chicorée) ou quelques variétés anciennes: Ronde verte à cœur plein, Blonde à cœur plein, Grosse bouclée, Géante maraîchère, Cornet d'Anjou, Cornet de Bordeaux,... et nouvelles :Alexia, Excel, Gargantua, Lempika. Toutes les chicorées ont un excellent rapport phospho/calcique équivalent au pissenlit (2.7) + une quantité variable de fruits et occasionnellement des vers de terre et escargots entiers .

On veillera, dès le plus jeune âge, à incorporer dans l'alimentation proposée, du foin émietté afin d'apporter les fibres et matières sèches indispensables à la "lenteur" idéale du transit de l'espèce. 

Les adultes doivent être idéalement alimentées (obs pers.) d'une ration composée de 20% de graminées frais (herbe, gazon, seigle, etc.) + 10% de foin sec + 40% d'herbacées + 20% de succulentes + 10 % de fruits.

Au Sry Lanka elle est couramment observée à consommer des papayes, ce qui serait la cause première de mortalité par occlusion intestinale, dû au gonflement des pépins dans le tube digestif. Il faudra donc veiller à retirer les pépins.

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Comportement Saisonnier


Dans l'ouest de sa répartition, les températures peuvent descendre jusqu'à 10°C pendant les mois les plus froids, pendant cette période elle hiverne. Du fait que ce ne soit pas le cas dans toute sa bande de répartition, l'hivernation n'est pas une obligation biologique mais réellement une simple adaptation physiologique. De plus, la plupart des tentatives d'hivernation en captivité, hors pays d'origine, conduisent à des pathologies respiratoires pouvant conduire à la mort de l'animal. Pour cette raison, on évitera totalement de la faire hiverner.  

En période sèche (Mars à Juin), elle s'active le matin et se dissimule dans la journée ou estive.
En période humide (Mai à Octobre), elle est très active, s'accouple et se nourrit largement. 


Reproduction


La saison des accouplements coïncide avec les saisons des pluies. Pour cette raison, et afin de stimuler l'activité sexuelle des reproducteurs on veillera à augmenter le taux d'hygrométrie à 90% pendant 2 mois en multipliant les pulvérisations d'eau dans tout le vivarium.


Dimorphisme sexuel

Les femelles sont plus grosses que les mâles, ces derniers sont dotés d'un plastron légèrement concave, au xyphiplastron bien marqué (Bonin, Devaux, Dupré, 2006). Les femelles ont une apparence plus arrondie, et la queue des mâles est beaucoup plus longue et large à sa base que celle des femelles. Le plastron des femelles est complètement plat et présente un écart entre les plaques anales et supracaudales plus important. Les sujets sont généralement sexables vers les 3 ans.

                                                                     Geochelone elegans dimorphisme Geochelone elegans pénis

Le saviez vous?

Lorsque il est excité, le pénis d'une tortue mâle peut augmenter de 50% en longueur et de 75% en circonférence.
 Chez la plupart des tortues, l'organe totalement engorgé peut atteindre plus de la moitié de la longueur totale du corps.

Maturité sexuelle

Dans la nature la maturité sexuelle varie de 6 à 8 ans pour les mâles contre 8 à 12 ans pour les femelles
En captivité, cette maturité semble bien plus précoce en raison de la vitesse de croissance plus élevée. En effet les mâles sont matures 5 ou 6 ans contre 7 à 8 ans pour les femelles


Comportement sexuel

Contrairement à de nombreuses espèces de chéloniens, les tortues étoilées mâles ne se livrent que rarement voire jamais à des combats contre d'autres mâles. La cour des mâles, brève est peu agressive. En effet, ils ne blessent pas et ne mordillent pas les femelles, ils émettent un grognement modéré au moment du coït (Bonin, Devaux, Dupré, 2006).

Ponte

Comme c'est le cas pour un grand nombre d'espèces, les femelles gravides sont très actives et peuvent se montrer agressives envers leurs congénères lorsqu'elles sont prêtes à pondre.

La Geochelone elegans est très exigeante en ce qui concerne son lieu de ponte, sa recherche peut se prolonger pendant plusieurs jours, voire semaines, si elle ne trouve pas l'endroit idéal à sa tâche.

Ce dernier ne doit être ni trop humide, ni trop sec, le sol doit être meuble et bien drainé afin d'éviter la stagnation d'eau.

Une fois que le lieu de ponte adéquat est sélectionné, elle creuse, à l'aide de ses pattes postérieures, un nid en forme de flacon d'environ 15 centimètres de profondeur. Si le sol est trop dur et sec, elle se sert du liquide excrété dans sa vessie pour ameublir le substrat et ainsi favoriser le creusement

La femelle pond de 1 à 6 œufs de 40mm X 32mm et ensuite rebouche le trou. Pour cela, elle utilise ses pattes postérieures qui, par de larges mouvements circulaires, ramènent, selon le substrat fournit, des feuilles sèches, des herbes, des brindilles au-dessus du nid. L'ensemble est associé à la terre environnante et rend le nid quasi indécelable à l'œil nu. Il n’existe aucun soin parental chez les tortues : une fois la ponte terminée, la femelle s'en va.

En captivité, il y a des rapports de femelles étoilées creusant leur nid et pondant sur des monticules ou buttes de terre, mais il est possible qu'il s'agisse d' comportement forcé par le manque de lieux de nidification appropriés.

                         Geochelone elegans ponte


Le ramassage des œufs

Lors du ramassage des œufs, il faut faire particulièrement attention à ne pas les retourner sous peine d’entraîner la mort de l’embryon (les œufs de tortues étant dépourvus de chalaze : ensemble de « ressorts»  d’albumen qui soutiennent le jaune et l’embryon (tout mouvement intempestif aurait pour résultat la mort de l'embryon par décollement de l'aire embryonnaire et rupture de ses vaisseaux sanguins).

Le plus simple, lorsqu'on a pas l'habitude, est de mettre un repère au crayon sur le dessus des œufs pour pouvoir les déplacer sans risque.

Il ne faut jamais nettoyer les œufs, ils sont en effet recouverts d’une substance visqueuse aux propriétés antiseptiques qui a un rôle de protection contre les bactéries. D'autre part, ils sont poreux, donc tout nettoyage avec de l'eau entraînerait la pénétration de celle-ci à l'intérieur!

Techniques d'incubation 

La période d'incubation des œufs de tortues étoilées est variable. Certains rapports indiquent de 47 à 257 jours. En captivité, la moyenne est d'environ 90-120 jours en fonction de la température d'incubation.

Les œufs peuvent être incubés à une température constante.

Ils sont placés sur de la vermiculite humide ou tout autre support approprié d'incubation, et peuvent être partiellement encastrées (de 1/3 jusqu'à la moitié de l'œuf ) dans le substrat. De cette façon, les œufs restent secs, tout en bénéficiant de l'humidité ambiante.

Si l'incubateur ne comporte pas d'emplacement prévu à cet effet, on peut placer un récipient peu profond d'eau chaude dans l'incubateur afin d' augmenter le taux d''hygrométrie qui doit être supérieur à 60% pour un maximum de 85%.

La clé de la réussite est d'obtenir l'humidité du substrat et l'hygrométrie de l'air idéal. Si le substrat dans l'incubateur est trop humide, les œufs absorbent trop d'eau, gonflent et se fissurent. Si l'air est trop sec, les œufs peuvent se déshydrater et se flétrir ou devenir difficile voire impossible à percer par les nouveau-nés. En cas de doute, il est tout de même plus sûr de garder le substrat un peu trop sec que trop humide.

Certains éleveurs de tortues étoilées placent les œufs sur de la vermiculite sèche, puis, au besoin, vaporisent légèrement les œufs d'eau. D'autres, quant à eux déconseillent la pulvérisation directement sur les œufs sous prétexte que ce processus incite l' œuf à craquer. En revanche, des petites quantités d'eau tiède peuvent être pulvérisées directement sur le substrat d'incubation sans mouiller les œufs.

Détermination du sexe pendant l'incubation

Chez de nombreux reptiles, dont les chéloniens, la détermination du sexe n’est pas fixée au moment de la fécondation mais dépend de la température d’incubation des œufs.
La différenciation du sexe a lieu pendant une période critique du développement embryonnaire, dite thermosensible.

Ce phénomène est appelé « T.S.D » (Temperature-dependent-Sex Determination) et concerne notamment quelques espèces de sauriens, tous les crocodiliens étudiés jusqu’ici ainsi que de nombreuses espèces de chéloniens. 

Il existe 3 types de TSD chez les reptiles dont 2 concernent les chéloniens:


- Dans le type A (MF), le plus répandu chez les chéloniens, les températures basses donnent une majorité de mâles tandis que les températures élevées donnent principalement des femelles c’est notamment le cas de toutes les tortues marines ainsi que de nombreuses espèces aquatiques et terrestres et notamment notre tortue étoilée
.

- Dans le type B (FMF), les températures extrêmes (basses et élevées) donnent une majorité de femelles et les températures intermédiaires donnent une majorité de mâles, c’est le cas de certaines espèces seulement et ne concerne pas la tortue étoilée.

Cette période thermosensible couvre, selon les espèces, 18 à 30 % de la durée d’incubation totale.
Pour simplifier, elle se situe approximativement dans le deuxième tiers de la durée d’incubation.

Note: il existe toujours un intervalle de température dans lequel les deux sexes peuvent être obtenus (PIEAU, 1988). Cet intervalle de température a été appelé le TRT (« transitional range of temperature ») ou température pivot.

La température seuil (pivot) est située autour de 30,5 ° C.

Sur la base des résultats de zootechniques chez Geochelone elegans, des températures d'incubation de 31,1 à 31,7 ° C produisent donc plus de femelles tandis que les températures de 28,9 à 29,4 ° C plus de mâles. Cela s'applique sans doute également pour Geochelone platynota (Dr Liu, 2000).

Selon Fife en 2007, les œufs incubés à 85-87 ° F (29,4 à 30,6 ° C) entraîneront pour la plupart des mâles et les œufs incubés à 88-90 ° F (31,1 à 32,2 ° C) pour la plupart des femelles (Star Tortoises, 2007).

Selon le Dr Zovickian, des températures d'incubation de 31,1 à 32,2 ° C produisent des femelles et tandis que 28,9 à 29,4 °C produisent des mâles. Sur la base de sa vaste expérience, il insiste sur le fait que la TSD est très fiable chez l'espèce avec quasiment 100% de précision dans l'estimation du sexe des tortues incubées.

Cependant, des températures d'incubation supérieures, en particulier supérieures à 32,2 ° C, sont plus susceptibles de présenter des anomalies congénitales.

Paramètres d'incubation selon les diverses sources

Les températures d'incubation des œufs Geochelone elegans varient quelque peu selon les éleveurs. Il en va de même pour le taux d'humidité du substrat d'incubation à savoir la quantité d'eau qui est mélangé à celui-ci dont le rapport poids S/E (Substrat/Eau) varie de 1: 1 à 3: 1. De nombreux éleveurs ne pèsent pas mais après humidification du substrat, le pressent entre les mains afin d'en extraire l'excédant d'eau.

Voici quelques exemples de températures et d'hygrométrie d'incubation publiés par divers auteurs:

1.) Hans J. Bidmon (Turtles, Proceedings: International Turtle & Tortoise Symposium Vienna 2002, 2006)

  • la boîte contenant les œufs est remplie avec de la vermiculite qui a été recouverte de graviers fins. Les œufs sont enterrés dans le substrat sur un tiers de leur épaisseur. Une petite quantité d'eau est injectée dans la vermiculite avec une seringue. Cette opération est répétée toutes les 3 semaines. Les œufs sont incubés à 28°C, avec tout d'abord, une mise en incubation à 33-34°C pendant 80 jours et ensuite à 28°C pendant le reste de la période d'incubation. Le taux d'humidité du substrat est de 86%. L'incubation dure 86 à 123 jours.


2.) Anslem de Silva (The Biology and Status of the Star Tortoise in Sri Lanka, 2003)

  • Les œufs sont la moitié enterrés dans la vermiculite humide (1: 1 de vermiculite à l'eau) et incubés à 28,5°C ou 30,5°C ou 31,5°C. L'incubation dure en moyenne 84 à 166 jours.

3.) Simon Girling, BVMS CertZooMed MRCVS (Pet Owner's Guide to the Tortoise, 2002)

  • Les œufs sont pondus 60-90 jours après l'accouplement dans un trou de 12-20 cm (5 "-7") de profondeur. Les œufs sont mis à incuber à 29-31°C (83-86 ° F). L'incubation moyenne dure 90 à 120 jours.

4.) Jerry D. Fife ( Star Tortoises , 2007)

  • Les œufs sont incubés soit à 85-87°F (29-31°C) pour produire plus de mâles ou à 88-90 ° F (31-32°C) pour plus de femelles. L'humidité dans l'incubateur est maintenue au-dessus de 60%. Les œufs sont placés sur de la vermiculite humide (2/1 de vermiculite et d'eau).

5.) Ivo E. Ivanchev (Schildkröten im Fokus Online, 2012:3)

  • Les œufs sont placés moitié enterrés dans des récipients en plastique remplis de 3 à 4 cm (1.2 "-1.6") de vermiculite. L'humidité est maintenue à 70-80%. Le temps d'éclosion varie en fonction de la température d'incubation: 97 à 101 jours à 31-32°C (87,8 à 89,6 ° F) et 104 à 124 jours à 29-29,5°C (84,2 à 85,1 ° F). 
    Fait intéressant, la température d'incubation plus élevée a produit au moins un mâle! Selon l'auteur, d'autres éleveurs ont eu des femelles à une température de 28°C (82,4°F). Ces résultats diffèrent de la pensée collective qui veut que des températures plus élevées produisent toujours des tortues étoilées de sexe féminin. Ainsi, il semblerait que la température pivot (nombre égal de mâles et femelles) varie, à moins que d'autres facteurs peuvent avoir une incidence sur la détermination du sexe des nouveau-nés.


6.) Monika & Johannes Janssen (Radiata n ° 4, 2009)

  • la boite contenant les œufs est remplie avec de la vermiculite très humide qui est recouverte d'une couche de petits cailloux. Les œufs sont posés dessus et incubés à 32-33 ° C pendant les deux premiers mois, puis la température est réduite à 29-30 ° C. L'humidité est maintenue à 70-80%.

7.) Gunther Koehler (Incubation of Reptile Eggs, 2004)

  • Les œufs sont incubés à 26-30 ° C. L'incubation dure 109-147 jours.


8.) Antonio Sanz & Francisco Javier Valverde (Reptilia # 9, 1999)

  • Les œufs sont à moitié enterrés dans la vermiculite humide (3/1 de vermiculite et d'eau) et incubés à 31-32 ° C pour produire plus de femelles. L'incubation dure en moyenne 90 jours. 


L'éclosion


Les juvéniles fendent leur coquille à l'aide d'une espèce de petite griffe cornée sur le bec, dite "dent de l'œuf" ou caroncule de l'œuf.
A la naissance ils mesurent 25 à 38 mm et peuvent être déformés pendant quelques heures ou jours. Ils pèsent 10 à 15 g et portent encore souvent sur le ventre, leur sac vitellin, analogue au placenta des mammifères. 

      Geochelone elegans éclosion Geochelone elegans éclosion Geochelone elegans naissance 

Législation

La Geochelone elegans est inscrite en annexe II de la CITES et en annexe B de la législation européenne.
Elle est donc en vente et détention libre sous respect des quotas imposés par les arrêtés 2004 qui sont de maximum 25 spécimens pour les espèces ne dépassant pas 40 cm à l'âge adulte. Au delà, la présentation d'un certificat de capacité (CDC) + une autorisation d'ouverture d'établissement (AOE) sont obligatoires.


Attention

L'espèce a tendance à développer des problèmes respiratoires lorsqu'elle n'est mas maintenue dans des conditions optimales. Elle est  également très sensible aux agents pathogènes tels que les mycoplasmes hébergés par d'autres espèces. Pour cette raison, aucune cohabitation interspécifique (avec d'autres espèces) n'est possible. 







©J.Keyser/Reptiles Zoo, 2016.