







On présume souvent que les caméléons sont solitaires et intolérants envers les autres animaux. Cette affirmation est en partie vraie et peut être appliquée à quelques espèces seulement (Chamaeleo dilepsis, Chamaeleo chamaeleon, namaquensis, Chamaeleo (Trioceros) cristatus, montium).
Les caméléons devraient peut-être être décrits comme des animaux sociaux avec quelques exceptions. Grace à leur excellente vue, les contacts visuels entre les animaux de la même espèce sont naturels.
Cependant, il est logique que les mâles soient mutuellement intolérants à de courtes distances. En effet, pour éviter les conflits constants, les caméléons établissent des territoires qui permettent des contacts visuels sans plus de provocation.
De plus, en raison de l'infériorité de leur ouïe, de la supériorité de leur vue, et de leur paresse en général, les caméléons ont développé un système de communication visuelle (un système de signaux optiques dont quelques uns sont spécifiques aux espèces), rendant possible le passage intraspécifique de l'information aussi bien que la différenciation interspécifique.
Les formes individuelles ou les mécanismes du système de communication visuelle peuvent être classés en actifs (signaux) et passifs (ceux qui ne peuvent pas être influencés par l'individu, résultant de leur évolution).
De la même façon, les mâles peuvent provoquer ou éviter un combat, reconnaître leur défaite, et la supériorité d'un mâle dominant etc. Même un mâle très agressif ne poursuit pas un opposant vaincu.
Des "signaux passifs" comme on les appelle, sont utilisés par les caméléons concurremment avec une conduite episématique et proaposématique pour identifier les membres de la même espèce.
Tous deux, mâles et femelles réagissent différemment à d'autres espèces comme celles-ci sont reconnues à leurs couleurs et à leurs écailles (particulièrement de la tête) c'est pourquoi tant d'espèces ont une ornementation de la tête si complexe (Rand, 1961).
Presque tous les camélons chuintent comme faisant partie de leur rituel de découragement et quelques espèces (chamaeleo calyptratus, et quelques faux caméléons [W. Böhme (1982), Necas (1991, 1995), Schmidt, W. (1993)]) grognent faiblement ou marmonnent (les jeunes "sifflent") quand ils sont agités surtout pendant les manipulations.
Parce que les caméléons ont une pauvre audition, ces sons pourraient être considérés comme un résidu d'évolution de rituel de découragement ou comme des artifices incidents sans signification fonctionnelle, ou simplement un mécanisme anti prédateur. Cependant, la dernière explication est sujette à question. Les prédateurs les plus fréquents sont les serpents et les oiseaux qui seraient à peine distraits par ces sons.
On a suggéré cependant, que quelques faux caméléons peuvent utiliser le son pour trouver un partenaire puisque leur accouplement se produit le soir et pendant la nuit, ce qui exclut le rôle des yeux (Schmidt, 1993). Ceci semble correspondre à la plus haute sensibilité d'un sens auditif sous-développé pour des bassses fréquences (Wever, 1978).
Jusqu'à un certain degré les femelles s'ignorent habituellement ou s'intimident (Chamaeleo dilepsis) réciproquement seulement dans une situation de proximité intime, utilisant les mêmes mécanismes que les mâles, cependant les conflits directs entre femelles sont rares.
Les mâles sont intolérents des autres mâles, mais le degré d'agression diffère suivant chaque espèce aussi bien que selon chaque individu. En outre lur agression est grandement influencée par la condition de reproduction. Ils s'intimident l'un l'autre à des distances supérieures à plusieurs mètres.
Franchir la frontière territoriale aboutit finalement à des conflits. Chez quelques espèces (Chamaeleo chamaeleon), un rituel de découragement durant plusieurs minutes à une distance de quelques douzaines de centimètres est tout ce qui suffit à mesurer les forces, mais d'autres espèces commencent à combattre directement.
Les caméléons qui possèdent des cornes mordent rarement, à la place, ils utilisent leurs cornes pour se faire tomber (Chamaeleo "Trioceros' jacksonii, montium).
Les caméléons dépourvus de cornes frappent les flancs de l'adversaire avec la bouche fermée ou partiellement ouverte, mordant souvent avec souvent des conséquences graves. Leurs mâchoires peuvent être d'une force surprenante, elles peuvent facilement enlever la peau, casser les côtes ou arracher des parties de la queue, de la jambe et même broyer le crâne.
Pendant les rituels de découragement (conduite antaposématique) les animaux essaient d'apparaître plus grands en enflant leur gorge aussi bien que la totalité de leur corps et en s'aplatissant simultanément. Ceux qui ont des lobes occipitaux bien développés les lèvent pour tirer avantage de l'élargissement optique de la tête par devant (Chamaeleo africanus, arabicus, calyptratus, chamaeleon, dilepis, monachus, quilensis, roperi, ruspolii, zeylanicus Calumma boettgeri, brevicornis, capuroni, cucullata, hilleniusi, malthe, oshaughnessyi, parsonii, tsaratananensis, Chamaeleo (Trioceros) fuelleborni, melleri, oweni, tempeli, werneri).
Une autre façon de manifester sa force et son agression et de montrer sa mobilité (en remuant la tête, en balancent le corps, en remuant les queues , etc.) et exposer ses "armes" en ouvrant la bouche et roulant les lèvres. Tout ceci est accompagné par un déploiement de couleurs vives et brillantes.