







L'alimentation des reptiles
Besoins qualitatifs
Les besoins nutritionnels des reptiles en matières protéiques, ainsi qu’en matières grasses et en glucides varient en fonction de leur régime alimentaire.
La ration des reptiles carnivores (insectivores, carnassiers et ichtyophages) doit être constitué majoritairement de protéines et de matières grasses, tandis que les herbivores (folivores et frugivores) ont eux des besoins en glucides plus élevés (notamment en amidon et fibres cellulosiques) et des besoins en matière grasse beaucoup plus faibles.
Certaines espèces, comme Phelsuma et Rhacodactylus, ont obligatoirement besoin de pulpe ou de jus de fruit frais de saison, homogénéisé et/ou pollen et du miel, ou encore des préparations industrielles spécialement conçues pour les Geckos diurnes ou les loris.
Les reptiles omnivores ont, quand à eux, un régime alimentaire qui regroupe les caractéristiques de la ration des carnivores et des herbivores. Une grande majorité d’entre eux peut même devenir presque exclusivement herbivore avec l’âge, bien que ceci ne soit pas une généralité de l’espèce contrairement à ce que certains avancent (ex : Pogona vitticeps).
Le rapport phosphocalcique de la ration alimentaire des reptiles doit être compris entre 1 et 2 pour la majorité des espèces
Une alimentation correcte et équilibrée est donc fondamentale pour maintenir un reptile en bonne santé.
Les différents types de régime alimentaire
Chez les reptiles on peut dénombrer trois grands groupes de consommateurs bien distincts :
Les reptiles carnivores (tous les serpents, certaines tortues aquatiques, lézards insectivores, varans, téjus et crocodiliens).
Les herbivores végétaliens phytophages (tortues terrestres, Iguana Iguana, Uromastix etc.).
Les reptiles omnivores qui selon l’opportunité se nourrissent de végétaux ou de proies carnées (les geckos diurnes, certains agamidés, certains scinques, tortues boites, de nombreuses tortues aquatiques et quelques tortues tropicales)
Les menus alimentaires :
A) les vertébrés (pour les carnivores)
Les vertébrés (poissons, rongeurs, amphibiens, oisillon, etc.…) constituent un menu complet et équilibré par excellence pour les carnivores.
Ces proies doivent être distribuées entières (avec os ou arrêtes et non éviscérées).
Ce sont d’excellentes sources d’eau (65-80%), riches en énergies et pauvres en glucides
Les muscles et autres organes des vertébrés, contiennent des protéines et des acides aminés de haute valeur biologique :
Des lipides (dans le tissu adipeux chez les adultes), des vitamines A et D (dans le foie), des vitamines K et B12 (dans le contenu digestif), un rapport phosphocalcique idéal (dans les tissus osseux des adultes), et de l’iode (concentrée dans la thyroïde).
L’idéal est d’habituer l’animal à la nourriture morte fraichement tuée ou décongelée, cela évite tout risque de morsure qui peut, selon les cas, avoir des conséquences plus ou moins graves.
B) les invertébrés (pour les insectivores)
Tous les invertébrés, présentent généralement une forte teneur en matières grasses et en protéines, mais ils sont presque tous carencés en calcium (environ 0,2% de la matière sèche, moins de 0,5 mg/kcal, et rapport CA/P voisin de 0,1), car ils sont dépourvus d’un endosquelette calcifié contrairement aux vertébrés (les insectes et arachnides possèdent un exosquelette chitineux, riche en amino-cellulose, particulièrement indigeste mais surtout très pauvre en calcium).
Ils sont pour la plupart, assez pauvre en Vit A (150-1000 U.I/kg de M.S).
Compte-tenu de leur faible teneur en calcium et en vitamine A, les insectes doivent être préalablement nourris à l’aide d’aliments commerciaux (paillettes pour poissons, lait en poudre et autres aliments riches en aliment nutritifs) et toujours saupoudrés de carbonate de calcium juste avant d’être proposés aux animaux.
Les escargots, les blattes et les crustacés constituent, quand à eux, d’excellentes sources de calcium lorsqu’ils sont distribués avec leur carapace, au même titre que les lombrics (vers de terre) s’ils sont issus d’un sol riche en calcaire.
Dans tous les cas, on ne devrait jamais utiliser un seul type d insecte mais des exemplaires appartenant au moins à 4 ou 5 espèces différentes.
C) les végétaux et les fruits (Les herbivores végétaliens phytophages)
Ils sont généralement très riches en eau (70-95%), en protéines et en fibres cellulosiques (10-20%).
Les crucifères (brocoli, chou vert, chou frisé, chou de Bruxelles, chou-fleur, chou chinois, navet…) sont des plantes goîtrogènes, capable d’induire l’apparition d’une insuffisance thyroïdienne.
Les champignons sont très riches en purines : comme les anchois, distribués en trop grande proportion dans la ration, ils peuvent provoquer de la goutte viscérale et/ou articulaire.
Certains végétaux sont riches en acide oxalique et peuvent générer des calculs urinaires d’oxalates de calcium (épinards, rhubarbe, pommes de terre, feuilles de betteraves, chou…)
Les pousses de luzerne ont un rapport phosphocalcique de 0,37, tandis que la luzerne déshydratée (le foin de luzerne) présente un rapport Ca/P de 6.
La banane est un fruit quasi-exclusivement constitué de sucre (86%). Mais très pauvre en minéraux et en fibres.
Le pissenlit est une excellente source de vitamine A (14000 U.I pour 100g) et de calcium.
La teneur en calcium et le rapport phosphocalcique sont très variables selon les végétaux :
Le pissenlit, la romaine, les feuilles de betterave, les feuilles de brocolis, les feuilles de navet, les endives, les blettes, les épinards, le cresson, le foin de luzerne, les feuilles et les fleurs d’Hibiscus, les feuilles de mûrier, l’orange, le kiwi, le melon, la mangue et la papaye ont un rapport phosphocalcique supérieur à 1,5.
La laitue, la scarole, la courgette, la carotte, le concombre, les champignons, la fraise, la banane et la pomme ont un CA/P inférieur à 1 et sont donc à proscrire du menu de nos reptiles végétariens.